Critiques de films
13 Janvier 2013
De : Benh Zeitlin
Avec : Quvenzhané Wallis, Dwight Henry
Note : 90/100, RT : 86%
À six ans, la petite Hushpuppy (Quvenzhané Wallis) vit avec son père Wink (Dwight Henry) au sein d’une petite communauté dans le Bassin, petit bout de terre isolé du reste du monde au cœur du bayou. Un jour, la banquise se met à fondre et une pluie diluvienne s’abat sur le Bassin et ses habitants, le niveau des eaux monte et les aurochs, imposantes bêtes préhistoriques, sont alors libérées.
Benh Zeitlin nous livre ici une œuvre magistrale. Dès les premières secondes du film, l’esprit du Bassin nous accroche et ne nous lâche plus. En s’entourant d’acteurs tous aussi inconnus les uns que les autres, Zeitlin réussi à créer une communauté attachante et vraie, refusant le monde industrialisé qui vit « au-delà de la digue ». On fait alors la connaissance d’Hushpuppy, magnifiquement interprétée par la toute jeune Quvenzané Wallis dans son tout premier rôle, qui apporte une incroyable touche de candeur et de joie au film. On rencontre ensuite son père, Wink, alcoolique, malade et un peu rustre, qui essaye tant bien que mal d’apprendre à sa fille à survivre dans le bayou. Joué par Dwight Henry, qui lui aussi fait sa première apparition au cinéma, il nous livre une copie incroyablement juste et vraie, on fini alors par s’attacher, un peu malgré nous, à ce personnage buriné et marqué par la vie qui, sans trop savoir comment s’y prendre, tâche de préserver sa fille et ses amis du reste du monde.
Du côté de la réalisation, là aussi le rendu est presque parfait. Bien que filmant avec très peu de moyens, Benh Zeitlin nous livre un périple presque magique dans la Louisiane post-Katrina, comme un poème dans lequel on retrouve toute l’innocence de l’enfance. Sans réel message, on peut voir à travers la communauté du Bassin ou les aurochs, une métaphore pour tout ce qu’on voudra bien y voir. Les Bêtes du sud sauvage est plus une ode à la vie et à l’enfance, capturée caméra à l’épaule par le génie de son réalisateur, qui nous livre une œuvre esthétique et pleine de simplicité.
La bande originale vient sublimer le tout, apportant une touche de maitrise et de légèreté qui s’adapte parfaitement à l’univers crée par Zeitlin.
Multi récompensé à Cannes, primé au festival de Sundance et nominé aux Oscars dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur actrice et meilleur scénario adapté, Les Bêtes du sud sauvage s’impose comme l’un des meilleurs films de l’année et on lui promet un très bel avenir.